PORTRAIT : Véronique Burgraeve, L’art du chocolat en mode entrepreneuriat

 

À 57 ans, Véronique s’est réinventée professionnellement, se lançant corps et âme dans sa passion, le chocolat ! Dotée d’une énergie sans limite, d’une polyvalence et d’une persévérance à toutes épreuves, l’histoire de cette entrepreneuse va vous ravir, jusqu’à vos papilles.

Ultra créative dans son travail du chocolat, Véronique a développé sa touche. Sélectionnant ses produits avec soin et éthique, elle crée, de A à Z, au fil des grandes occasions de l’année, des pièces de chocolats et de pralines de toutes sortes. Son chocolat est à son image : électrique, plein d’humour, remarquable, aux goûts surprenants auxquels on ne s’attend pas. Les grands industriels du secteur n’ont qu’à bien se tenir, Véronique débarque avec sa chocolaterie artisanale pleine d’amour : « La Minuscule » !

 

Consultez sa fiche d’entrepreneuse

 

Dessin par Rapaguva Dessine

Votre pitch ! Quel est votre projet ?

De la fleur « minuscule » du cacaoyer au produit fini vous ne trouverez dans mon travail qu’une « gigantesque » passion : celle du chocolat ! Mon projet ? La chocolaterie « La Minuscule ».

En tant que chocolatière et confiseuse, je crée, produis, emballe et vends mes chocolats sur les marchés bruxellois. J’organise aussi des ateliers didactiques qui ouvrent la porte des « coulisses du chocolat » : créations de produits, montage en chocolat et gravure sur tablette.

 

 

Du chocolat artisanal et éthique ?

Mon crédo ? Le partage de valeurs, de saveurs, de petits bonheurs au travers de produits artisanaux frais et éthiques, en bonne ambassadrice d’un savoir-faire belge de qualité artisanale ; le tout dans le cadre de marchés de proximité où j’y vends mes créations.

Je suis dans l’esprit du personnage de Lagardère:
« Si vous ne venez pas au chocolat, le chocolat viendra à vous ! ».

 

J’essaye d’avoir des références de société chocolatière (mes sélections) qui ont au minimum la philosophie de créer des fondations d’aide aux producteurs, d’intégrer des valeurs d’éthique et si c’est bio en plus c’est encore mieux !

 

Il faut découvrir le chocolat blanc à la saveur naturelle du beurre de cacao…moins sucré, pas besoin de trop de sucre quand on a une si délicieuse saveur.

 

Votre passion ?

Devinez ! C’est le… chocolat !

Le cacaoyer est un arbre passionnant.

Pour preuve, j’en ai un exemplaire que j’ai dénommé Théo à la maison. Il m’a été offert par un ami chocolatier Tubézien! Mon cacaoyer Théo fête bientôt ses 18 mois et va entamer son deuxième hiver. On peut dire qu’il inspire mon travail. Ma chocolaterie « La minuscule » s’est finalement construite autour de cet arbre incroyable. Saviez-vous que sur  des milliers de fleurs seules 200 cherelles pointent le bout de leur cabosse pour finalement n’être 40 à être cueillies, c’est un arbre compliqué à cultiver ! J’y vois comme un symbole puissant de motivation et de sens dans mon travail. Persévérez pour y arriver ! Je suis du genre à ne pas lâcher le morceau quand j’ai une idée en tête et quand j’agis par passion.

 

Vous offrir une sapinière en chocolat c’est moins cher qu’une sapinière dans les Ardennes et surtout c’est une savoureuse balade gustative.

 

Votre parcours avant JobYourself ?

Atypique et diversifié.

J’ai une formation dans la technique des arts décoratifs et une spécialisation en publicité. J’ai commencé ma carrière comme directrice artistique dans des agences de pub, durant une douzaine d’années.

J’ai ensuite quitté le métier pour rejoindre « de vrais artisans du chocolat » et créer des produits ambassadeurs qui réunissaient 10 chocolatiers des quatre coins de la Belgique ! Le but était de leur offrir une visibilité dans les salons du chocolat (où les grands déjà ultraconnus de l’industrie se côtoient : Léonidas, Neuhaus et j’en passe…) sans qu’ils aient à débourser quoi que ce ne soit ni même à se déplacer. Notre ASBL se chargeait de défendre les valeurs et l’intérêt d’un marché artisanal et d’un savoir-faire local à contre-courant industriel.

Malheureusement, la crise de 2008-2009 s’est chargée d’éteindre ce beau projet.

J’ai été appelée à la commune de Koekelberg pour travailler comme secrétaire technique sur le projet du BCV qui a mis un point final à mon envie d’avoir un employeur.

 

Création : La petite poule « Fière » (comme toutes les mères)

 

Comment avez-vous lancé votre projet ?

Depuis mon expérience dans le secteur du chocolat, je rêvais de me lancer.

Selon moi, il n’y a pas d’âge pour apprendre et reprendre des études. À 54 ans, j’ai franchi le pas et entamé une formation à l’Efp comme entrepreneuse en chocolaterie et confiserie. C’est là que j’ai entendu parler de JobYourself, grâce au partenariat qui lie les deux structures.

À l’époque, mon quotidien c’était des semaines entre 60 et 80 heures de travail sans récupération. C’est important de préciser ces choses-là ! Mon envie entrepreneuriale, c’est le cheminement d’une vie de labeur comme employée n’ayant jamais compté ses heures. Si on est capable de travailler autant de temps pour un patron, autant le faire pour soi. Une conclusion à la base de ma reconversion.

Un montage « Bonzaï » créé pour mes marchés et introduire un produit au Yuzu

 

Pourquoi avoir choisi JobYourself ?

Pour la possibilité de tester son entreprise pendant 18 mois, tout en conservant l’allocation de chômage. On permet à un chômeur de se jeter à l’eau, non pas pour se noyer mais pour se sentir comme un poisson dans l’eau. Tous les intervenants de JobYourself sont nos bouées. Ils nous invitent à la réflexion, nous donnent des idées et des conseils pour traverser ces 18 mois de début entrepreneurial. Alors oui ! J’ai choisi JobYourself pour la bienveillance qui émane de cette équipe professionnelle.

J’ai lancé mon projet avec énergie et sérénité. Mais il faut constamment se remettre en question. Et il est important d’avoir le soutien de son compagnon. Mon mari Philippe et mes enfants m’ont encouragé à me lancer !

« Jeter vous à l’eau avec JobYourself et soyez comme un poisson dans l’eau ! »

Expliquez-nous les différentes phases d’accompagnement chez JobYourself

LA PHASE DE PRÉPARATION

C’est une table ronde, en collectif, avec un coach qui nous guide.  Ensemble, on cherche des solutions. Il y a plus d’idées dans 10 têtes que dans une ! Je rappelle que l’union fait la force et que c’est la devise de la Belgique ! Dommage que l’on ait tendance à l’oublier… Dans ses réunions on ne juge pas, c’est un travail dans le respect de l’autre et dans une absolue bienveillance.

LA PHASE DU TEST D’ACTVITÉ

Selon moi, c’est avant tout une relation avec un coach ! Chacun en fait ce dont il a besoin. Mon coach, est devenu mon confident. J’ai pu lui partager toutes mes impressions, il a toujours été positif dans ses réponses et par rapport à mon travail. Ce coaching a été incontournable. Une fois par mois, m’a même semblé trop peu.

 

 

L’oeil du coach : Antoine Cervincka

Avec Véronique, l’échec n’est pas une option. Elle a toujours un coup d’avance et me surprend à chaque rencontre. Si vous n’arrivez pas à décrocher d’une série Netflix, ne vous aventurez pas à écouter les histoires de Véronique, vous y prendrez vite goût… comme à son chocolat.

 

En parlant de chocolat, avec Véronique, c’est une histoire d’amour où elle se donne sans compter et ne lésine pas sur la qualité. En plus de son énergie, ses valeurs, ses qualités humaines et professionnelles, Véronique est une vendeuse hors-pair. Ne l’approchez pas sinon vous risquez une crise de foie. Je n’ai aucun doute sur le succès et la rentabilité de « La Minuscule ».

 

L’accompagnement de JobYourself en un mot ou en une phrase ?

Du pur bonheur !

Cela peut-être encourageant et décourageant pour certains… dans tous les cas, on réalise vraiment les difficultés auxquelles il faut faire face tout en se sentant soutenu. C’est du concret et c’est génial.

 

Pour moi, être entrepreneuse c’est… ?

Une page qui se tourne !

On ne regarde plus en arrière, on va de l’avant. On est mûr pour construire.

Changer l’image des marchés, ma boutique est sous tente ce doit être impeccable !

 

Avez-vous un modèle inspirateur ?

La personne qui m’a inspirée à l’origine, c’est Frank Duval, un grand chocolatier. Il n’est plus dans le domaine actuellement mais c’était un artisan passionné, qui produisait ses propres moules à chocolat. Il a donné une visibilité à des sculpteurs de talent en leur offrant une place dans le comptoir à pralines. Chacune d’elles étaient une mini sculpture contemporaine, comme un musée d’art éphémère, puisque consommable. Un concept magnifique !

 

Il n’y a pas que les enfants qui devraient les recevoir, les adultes ont conservés face au chocolat leurs âmes d’enfants…

 

Le plus agréable dans votre métier ?

Créer des produits et le contact avec la clientèle.

Sur les marchés, je rencontre des gens très intéressants et attachants. Vendre en direct amène dimension sociale concrète et directe. Beaucoup de personnes retraitées seules cherchant le contact passent à mon stand et deviennent mes clients. On se sent utiles et donc heureux.

 

Votre plus grand défi ?

Proposer des produits qui plaisent !

Et aussi, changer les mentalités sur la perception du produit « chocolat ». Démontrer que les petits artisans sont là et peuvent proposer des choses magnifiques face aux grandes industries chocolatières.

Un deuxième défi reste la production.

C’est un métier très physique. Etre entrepreneuse en chocolat, est éprouvant. Je fais plein, voire trop de choses. Je porte tellement de casquettes que je ne passe plus les portes !

 

Atelier Chocolat : Fabuleuse expérience avec des enfants en déficit de l’attention. Graver le chocolat à partir de cinq ans, des jeunes talents à découvrir !

 

Des projets sur le feu ?

C’est tout moi ! J’ai des milliards d’idées et de projets, en voici les principaux :

  • Acquérir de la rentabilité dans mon activité. Il faudrait que je trouve une « niche » encore non exploitée. Il me reste encore 5 mois de test chez JobYourself. Malheureusement, vivre actuellement uniquement de mes chocolats n’est pas encore possible, même en prestant du 7 jours sur 7. Je suis tellement passionnée par ce que je fais, que je perds parfois de vue l’aspect pécuniaire…Je dois travailler là-dessus ! Le but de l’affaire, est bien évidemment d’en vivre et de pouvoir conserver un jour par semaine pour soi. Avec du recul, j’ai pu expérimenter que la saison du chocolat c’est grosso modo 7 mois par an, reste 5 mois à occuper…
  • J’aimerais aussi enseigner des aspects qui sont lacunaires dans les cours de chocolaterie.
  • J’ai un projet de dessin animé éducatif autour du chocolat.
  • Enfin, je caresse aussi le rêve de mettre sur pied une exposition itinérante sur les métiers autour du chocolat.

 

 

Vous trouverez sur chocolaterielaminuscule.be mes fiches et les nouveautés sur mes marchés

 

 

Question qui tue : « plutôt chocolat blanc, lait ou noir ? »

« Question de goût bien sûr ! À chacun et chacune son chocolat ! »

Moi j’adore le chocolat blanc ! La minuscule en propose d’ailleurs plusieurs : au Yuzu, au romarin, à la cannelle de Ceylan… Il peut porter haut et fier le nom de « chocolat » parce que son beurre de cacao à le gout naturel du beurre de cacao, moins sucré. Son goût ne nécessite pas un excès de sucre. J’ai souvent des clients gênés de me dire qu’ils n’aiment que le chocolat blanc… Rassurez-vous ! Moi aussi je l’aime, je ne propose que des choses que j’aime et je ne juge pas. Je propose également 4 chocolats noir et un lait exceptionnel avec un chocolat d’origine du Pérou bio et fairtrade

 

 

Un conseil pour ceux et celles qui n’osent pas se lancer ?

Qu’avez-vous à perdre ?

Pas vos allocations de chômage que vous allez conserver pendant toute la durée de test… en revanche vous risquez d’avoir des regrets toute votre vie de ne pas avoir essayé.

 

 

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