PORTRAIT : Sybille Moreels, L’âge d’or

Entreprendre socialement en mettant l’humain au cœur de son core business, Sybille Moreels y est parvenue avec soin et brio. Sa motivation ? Dédier du temps de qualité au contact humain et agir pour un public bien spécifique, celui des seniors.

Cherchant une vie professionnelle qui fasse sens et qui se concentre sur l’empathie, Sybille s’est basée sur ses compétences solides en coordination et en communication pour entreprendre. Son projet Golden Age offre un accompagnement personnel, logistique et administratif dans le but de faciliter l’autonomie des personnes du 3e âge et des familles dans leur quotidien. Connaissiez-vous l’âge d’or et le répertoire de vie ? Venez découvrir cet outil !

 

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Dessin par Rapaguva Dessine

En quoi consiste votre projet ?

 

Golden Age aide les personnes âgées à réaliser un certain nombre de tâches pratiques qu’elles ne peuvent plus ou difficilement accomplir seules. Il s’agit principalement d’un soutien administratif et logistique : effectuer les paiements à temps, renégocier les contrats téléphoniques et énergétiques, se rendre chez le pharmacien, à la commune ou au marché.

 

GOLDEN AGE Presentation on Vimeo.

Dans les tâches que nous exécutons, il y a toujours une dimension de contact humain, parfois on nous demande aussi de répondre exclusivement à ce besoin-là. Pour ce faire, nous pouvons envisager d’aller ensemble au théâtre, au musée, nous nous promenons dans le parc ou encore faire quelques courses. Parfois, il s’agit aussi de trier le contenu des armoires. Il s’agit généralement d’un long processus au cours duquel les souvenirs surgissent et sont partagés. Le fait de pouvoir partager cela aide l’aîné à dire au revoir et à laisser aller les choses.

Chaque situation est différente, mais c’est aussi souvent une tâche de coordination… Coordonner les différents intervenants à la maison telles que l’infirmière, la kinésithérapeute, l’aide au nettoyage, la livraison des repas, etc. Ceux-ci changent parfois leurs heures ou leurs jours de visite pour cause de maladie, de congé il faut donc informer le client. Parfois c’est l’inverse… le client s’absente quelques jours loin de chez lui en vacances ou en famille et il faut informer les intervenants sans quoi les absences non justifiées sont payantes…

 

Comment procédez-vous ?

« L’humain » et le « sur mesure » sont deux valeurs fondamentales de nos services. Une présence régulière, et toujours assurée par la même personne – chez Golden Age nous appelons nos collaborateurs des « Golden Organizers » – sont importants pour construire une relation de confiance à long terme avec le client. En fait, nous prenons en charge un certain nombre de tâches gérées par des proches, généralement des enfants, qui sont souvent eux-mêmes surchargés.

 

 

Grâce à notre service, nous offrons la possibilité aux enfants de passer un temps de qualité lorsqu’ils viennent rendre visite aux aînés. Ils ne sont plus sollicités pour réaliser toutes sortes de tâches urgentes et ennuyeuses comme l’installation d’une digibox lors de l’achat d’une nouvelle télévision, etc.  Dans tous les cas, nous rédigeons un rapport hebdomadaire, envoyé par mail, afin que les enfants – qui vivent ou travaillent parfois à l’étranger – puissent suivre la situation de près.

 

 

Quel public cible ?

Nous nous concentrons principalement sur les aînés ou les seniors, mais certainement pas exclusivement. En fait, il s’agit d’aider des personnes en situation chronique de perte d’autonomie. En plus des personnes âgées, on peut aussi parler d’une personne de 45 ans avec un partenaire paralysé, malade qui à un moment donné, est accablé par les soucis quotidiens et pourrait avoir besoin d’un petit coup de pouce dans la bonne direction.

 

 

 

Quelle est votre stratégie de croissance globale ?

La croissance doit bien sûr être soutenue par une équipe suffisamment développée. C’est pourquoi Golden Age s’appuie sur un réseau d’organisateurs (encore à développer) qui devrait couvrir tout le territoire Belge. Il s’agit de personnes qui, sous le statut d’indépendant ou d’indépendant complémentaire exerçant une activité secondaire, présentent et offrent les services de Golden Age aux habitants de leur quartier. Ces Golden Organizers s’appuient sur une plateforme informatique, du matériel de communication (site web, cartes de visite, publication dans les magazines locaux, flyers) et des formations (réunions mensuelles…). Le suivi de la facturation de leurs clients est également assuré par Golden Age.

 

 

 

Notre unique « selling proposition » : le répertoire de vie, nous distingue des solutions alternatives. Il s’agit d’un outil informatique spécialement conçu pour gérer toutes les données essentielles d’un client afin que les proches puissent disposer, sur demande, d’informations précises et parfois vitales et qu’ils puissent les fournir à des services spécialisés si nécessaire. Cela inclut les données d’identification – les personnes à prévenir en cas d’urgence, la mutualité, le médecin traitant ainsi que les autres médecins, les médicaments prescrits, les coordonnés du notaire – les décisions testamentaires, etc.)

Il va sans dire qu’en situation de crise, l’accès au répertoire de vie facilite grandement la vie des proches, qui sont souvent en situation de stress émotionnel.

 

 

 

Comment t’es venue l’idée de créer Golden age ?

Eh bien, les sujets de discussion avec mes amis et connaissances ont évolué au cours des dernières années, passant des « derniers jouets éducatifs pour les enfants » à « comment se déroule la rééducation de ta mère« , ou « c’est chaud les enfants qu’il faut emmener partout, avec un boulot et des parents qu’il faut aider », comment faites- vous cela ?

Cela a réveillé certaines choses en moi.  Je me disais que je pourrais bientôt me retrouver dans une situation similaire et je voulais anticiper cela. De plus, il y a eu un désir de vouloir avoir une vie professionnelle avec plus de sens et d’empathie.

Compte tenu de mon passé professionnel et de mon talent pour la communication et l’organisation, la combinaison de ces différents éléments m’a semblé être l’œuf de Colomb, une idée ingénieuse à développer en projet professionnel.

 

 

 

Et puis, bien sûr, il y a eu le déclencheur : j’ai quitté un emploi et j’ai dû chercher un nouveau défi et j’ai entendu parler de JobYourself, une organisation qui aide les demandeurs d’emploi à créer leur propre emploi en leur offrant un cadre juridique qui permet au candidat-entrepreneur de tester son projet sans risque et en plus de bénéficier d’un coaching et d’un soutien administratif et comptable. Cela me parlait, je me suis inscrite à une séance d’information, qui a montré que JobYourself pouvait être un bon partenaire pour le démarrage de mon entreprise.

 

 

Comment s’est déroulée la phase de préparation ?

Super positive !

La formation en groupe, dans lequel toute une gamme d’opinions et d’idées ont été échangées et discutées, j’ai fort apprécié. Les différents thèmes abordés lors de la formation sont bien sûr intéressants, mais la plus grande valeur ajoutée pour moi sont les groupes de soutien. Je trouve cela regrettable qu’ils ne se poursuivent pas pendant la phase test. Certains des candidats entrepreneurs participants sont devenus des amis.

 

 

Comment vivez-vous la phase de test ?

Je pense que c’est une super opportunité d’avoir la chance d’essayer, sans le stress « de quoi vais-je vivre ? »  Le fait de pouvoir continuer à recevoir des allocations de chômage me donne le temps de réagir et de faire évoluer mon entreprise.  Le concept de base et la mise en pratique évoluent chaque jour. Il faut du temps pour faire mûrir un projet et sans ce cadre financier assuré de 18 mois, je n’aurais pas cette occasion.

 

De plus, savoir que vous avez un coach à votre disposition, cela donne du courage et de la confiance. Non pas qu’on fait appel à lui pour un oui ou pour un non, mais le fait de savoir qu’il est là fait beaucoup. En effet, la création d’une entreprise ne se limite pas à la mise en place du contenu et de la comptabilité : il y a aussi une dimension importante du développement personnel, de la croissance vers une attitude entrepreneuriale.

 

 

L’oeil du coach : Filip Monbaliu

Sybille est tellement autonome et professionnelle que l’accompagnement en tant que coach, c’est du gâteau, et du bon !

De plus, la manière dont Sybille convertit également la force motrice de son projet en résilience dans sa vie privée, néanmoins caractérisée par de nombreuses turbulences inattendues, m’inspire tout simplement.

 

Quel est votre plus grand défi ?

Trouver suffisamment de Golden Organizers de qualité. En ce moment, je suis en train de chercher à travers différents canaux : des foires, des partenaires, des bureaux d’outplacement, facebook, LinkedIn et le bouches à oreilles.

 

 

Quelle est l’essentiel de l’accompagnement de JobYourself pour vous ?

Vous y rencontrez des gens qui croient en votre projet et cela vous motive à tout donner pour y arriver.

 

 

Que diriez-vous à ceux qui hésitent un peu à s’installer à leur propre compte ?

Si vous y croyez, vous devez le faire.

Ce n’est pas toujours facile, surtout quand votre vie privée change radicalement. Vous pouvez prendre des risques, mais vous ne devez pas exagérer, vous devez vous créer un cadre.

 

Quelle est la chose la plus difficile dans le développement de votre activité ?

Nous vivons dans un monde où les choses ne vont jamais assez vite. Dans un tel contexte, il est difficile d’être patient et d’accepter que l’évolution de l’entreprise soit un peu plus lente que prévu.

 

 

 

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